Une petite association défie la Commission européenne

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Paris, le 30 avril 2026 – Antidote Europe, une association créée par des scientifiques, était opposée à la Commission européenne (CE) devant le Tribunal de l’Union européenne (TPIUE) le 18 mars 2026 au sujet de la toxicité potentielle du glyphosate. L’audience a duré plus de 5h30. Les échanges ont été nourris, et il est apparu clairement que la rapporteure avait approfondi certaines des questions soulevées. *

En novembre 2023, la CE a réautorisé pour dix ans cette substance, principe actif de l’herbicide Roundup, vendu dans le monde entier. Le 19 novembre 2025, des associations de défense de l’environnement ont déjà eu partiellement gain de cause lorsque la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) annonçait que la réautorisation du glyphosate n’aurait dû être accordée que pour un an, conformément à la réglementation.

De son côté, Antidote Europe a cité des études sur le rôle du glyphosate en tant que possible cancérigène pour l’être humain. Elle dénonce la prise en compte de données obtenues sur des animaux dans l’évaluation du risque posé par les produits chimiques. À notre connaissance, c’est la première fois que l’absence de justification des essais sur animaux est débattue devant un tribunal. L’avocat de l’association déplore que ce point n’ait pas eu la place qu’il méritait au cours de l’audience. Toutefois, la question se pose de l’utilisation de l’expertise scientifique dans les processus d’approbation. La Commission européenne a-t-elle réellement procédé à un réexamen des alertes scientifiques qui lui avaient été soumises avant de confirmer la réautorisation du glyphosate pour dix ans ? *

Alors que l’expertise scientifique est censée être assurée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la CE était soutenue lors de cette audience par Bayer Agriculture B.V., soit le fabricant du glyphosate !

Bayer s’apprêterait à mettre sur le marché un nouvel herbicide, l’icafoline méthyl, en cours d’évaluation en Autriche. Des alertes scientifiques ont déjà été lancées sur ses possibles effets sur la flore intestinale humaine. Elles n’ont pas mené à une conclusion définitive, faute d’une procédure normalisée d’évaluation, selon des informations obtenues par Antidote Europe auprès de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

La question de la prise en compte de données pertinentes et indépendantes pour la santé humaine dans les processus d’approbation des substances vendues par l’industrie chimique mériterait d’être mieux expliquée au grand public. Antidote Europe espère que le délibéré de l’audience du 18 mars, attendu dans les prochains mois, permettra d’y contribuer.

Contact :
André Ménache, président d’Antidote Europe, vétérinaire
06 23 42 62 95
https://antidote-europe.eu

* Commentaire Me Arnaud Durand (cabinet Lexprecia), avocat d’Antidote Europe, à l’issue de l’audience.