Des singes et un P3 au CEA
Des singes et un P3 au CEA
Nous poursuivons notre campagne d’information sur les activités biologiques du CEA de Fontenay-aux-Roses. En 2026, nouvelle étape, nous interpellons les responsables de cet établissement : déjà dans cet article, une pétition à signer !
Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a diversifié ses activités et se consacre désormais aussi à des recherches en biologie. Comme vous aurez pu le voir dans nos précédents articles concernant cette campagne, nous nous intéressons à ces recherches depuis 2015 (https://antidote-europe.eu/cea-troque-atomes-contre-virus/).
Pourquoi le CEA de Fontenay-aux-Roses en particulier ? Il se trouve que ce centre dispose d’un agrément de sécurité « P3 », ce qui signifie qu’il peut étudier des virus et des bactéries parmi les plus dangereux au monde. Or, ces laboratoires sont à cinquante mètres des habitations les plus proches ! Situés près des communes de Clamart, Châtillon et Le Plessis-Robinson, dans le département des Hauts-de-Seine (92), ils sont au centre d’une population de 147.000 habitants.
Le CEA étant un établissement public, nous avons cherché à savoir ce qui était fait de l’argent de nos impôts. Nous avons identifié quelques études publiées par des chercheurs du CEA et avons commenté trois expériences faites sur des microcèbes (https://antidote-europe.eu/fontenay-aux-roses-impots/). Ce petit primate nocturne et arboricole serait-il un bon « modèle animal » de l’être humain ? Selon nous, pas du tout !
400 macaques crabiers
En 2018, des singes importés de l’île Maurice arrivaient à l’Idmit (acronyme anglais pour un laboratoire appelé « Modèles de maladies infectieuses pour des thérapies innovantes »). En 2022, d’après le quotidien Le Monde, 400 macaques crabiers et un laboratoire P3 seraient à disposition dans ce centre (https://antidote-europe.eu/400-singes-a-fontenay/).
Le macaque crabier (cynomolgus) serait-il un meilleur « modèle animal » de l’être humain que le microcèbe ? Bien qu’un exemple ne soit pas une démonstration, rappelons ici l’accident lors de l’essai clinique du TGN1412 dans un hôpital londonien en 2006. Six volontaires humains sains ont dû être admis en soins intensifs suite à l’administration d’une dose de 0,1 mg/kg de cette substance alors que sur des singes rhésus et cynomolgus auxquels on avait administré des doses de 50 mg/kg, aucun signe de toxicité n’avait été observé (https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2964774/). Bien d’autres exemples de réactions différentes entre singes et humains pourraient être cités.
Par ailleurs, ayant participé à la « concertation préalable » sur le projet d’extension d’un élevage de singes du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Rousset, nous avons appris qu’une nouvelle espèce de singe dont il n’existerait pas encore d’élevage en Europe serait introduite dans ce futur « Centre national de primatologie » : le macaque crabier (https://antidote-europe.eu/davantage-de-singes/). Des individus seront-ils vendus au CEA ? Nous ne manquerons pas de surveiller à la fois le CNRS et le CEA !
Le scoop en 2026 ?
Face à la difficulté d’obtenir des informations précises mais étant déterminés à dénoncer non seulement le manque de pertinence pour l’être humain des expériences faites sur des singes mais, aussi, les risques éventuels qu’elles font courir à la population et en particulier aux riverains d’un laboratoire P3, Antidote Europe a recours aux services d’un avocat depuis l’été 2024.
L’année 2026 représentera, nous l’espérons, le point de bascule. La grande différence avec nos précédentes campagnes d’information est que celle-ci s’accompagne d’une action juridique formulant nos inquiétudes quant aux animaux et aux risques environnementaux et sanitaires.
Première action de l’année, nous avons lancé le 26 janvier, à l’intention de l’administratrice générale du CEA, une pétition disponible sur https://www.mesopinions.com/petition/animaux/meilleure-information-laboratoires-experimentation-animale-cea/275988 et par laquelle nous demandons, en résumé :
1. la création d’une commission locale d’information sur l’expérimentation animale ;
2. l’inclusion au sein du comité d’éthique du CEA de représentants de la société civile compétents dans le domaine des méthodes de remplacement de l’expérimentation animale ;
3. que le CEA accepte des visites de vétérinaires agréés par un collectif d’associations de protection animale ;
4. la publication d’un rapport annuel sur les initiatives prises pour le remplacement des expériences sur des animaux ;
5. la création d’un programme de réhabilitation pour les primates ayant servi à la recherche.
En moins d’une semaine, nous avions déjà recueilli plus de 15.000 signatures ! Où en est le compteur à l’heure où vous lisez ces lignes ? Un seul moyen de savoir : rendez-vous sur le site de la pétition !
Nous comptons sur vous pour faire monter ce compteur, pour diffuser le lien vers cet article à tous vos contacts et pour mettre le lien vers notre campagne (https://antidote-europe.eu/des-virus-au-cea/) sur votre marque-page. D’autres actions vont suivre !
