La 200ème conférence d’Antidote Europe !
Le vendredi 1er décembre 2017, grand événement : André Ménache donnait la deux-centième conférence d’Antidote Europe ! Oui ! Pas moins de 200 conférences données depuis la création de notre association. A quelques très rares exceptions près, toutes données par des scientifiques. Notre public : parlementaires, médecins, chercheurs, étudiants, lycéens, collégiens, militants et, bien sûr, le grand public. A marquer d’une pierre blanche, ce vendredi 1er décembre 2017 aura vu l’un de nos principaux accomplissements : expliquer en termes simples un problème scientifique et réglementaire complexe et débattre d’égal à égal avec d’autres scientifiques.

À l’occasion de la Journée Mondiale des Animaux dans les Laboratoires, Antidote Europe organise
un webinaire sur l’expérimentation animale pour éclairer un débat plus que jamais d’actualité.
Vous êtes scientifique, journaliste,élu·e,militant·e,citoyen·neet vous avez envie de mieux
comprendre les enjeux actuels et l’actualité de l’expérimentation animale?
Rejoignez-nous et venez poser vos questions jeudi 23 avril de 12h à 13h30.
Au programme,un focus sur le projet controversé d’élevage de primates au Rousset (13) etdes
décryptages de 5 expert·es sur les thèmes politique, juridique, scientifique et éthique pour mieux
agir en faveur des animaux de laboratoire en 2026.
12h10: décryptage politique avec Melvin Josse, directeurde Convergence Animaux
Politique.
Melvin Josse est docteur en sciences politiqueset fondateur de Convergence Animaux Politique,
association à but non lucratifqui favorise la coopération entre les ONG et les décideurs politiques
français pour faire évoluer la loi en faveur des animaux.En 2021, il publieune thèse
intituléeRepression and Animal Advocacy. Il est également co-fondateur du Parti animaliste.
12h25: décryptage juridique avec Alice Di Concetto, directrice The European Institute for
Animal Law & Policy.
Alice Di Concetto a fondé l’Institut européen pour le droit de l’animal et enseigne l’éthique animale
à Sciences Po (Paris, France).Avant de fonder l’Institut, elleétait chargée de recherche (fellow)au
sein du programme de droit de l’animal de l’école de droit de Harvard (Animal Law & Policy
Program), de 2016 à 2018.
12h40: décryptage scientifique avec André Ménache,président d’Antidote Europe.
André Ménache est vétérinaireetprésident d’Antidote Europe,uneassociation dédiéeà une
rechercheplus efficace et plus fiable, non basée sur l’expérimentation animale.Ancien président
de Doctors and Lawyers for Responsible Medicine, il a travaillé sur la Déclaration d’Helsinki en
l’amendant en faveur de l’utilisation de méthodes alternatives.
12h55: décryptage sur le projet du Rousset avec Roland Cash,vice-président de
Transcience
Roland Cash est médecin, normalien, consultant en économie de la santé et santé publique,
conseiller scientifique au HCAAM. Il est vice-président de Transcience, une association qui
accompagne la transition vers une recherche non animale. Il a été responsable scientifique de la
mission Tarification à l’activité au ministère de la Santé et membre de la commission d’évaluation
économique et de santé publique à la HAS.
13h10: décryptage éthique avec Émilie Dardenne,professeure des universités, animal
studies
Émilie Dardenne est spécialiste d’études animales.Elle est professeure des universités à
l’université Rennes 2 où elle dirige le diplôme d’université Animaux et société.Elle est membre
senior de l’Institut universitaire de France.Elle publie en avril 2026 aux Presses de Sciences Po
l’ouvrage «Penser la condition animale».
Lien de connexion: https://us02web.zoom.us/j/81211793376
Pour toute question: info@antidote-europe.eu
Le 23 février 2026,
quatre associations opposées au projet de création d’un Centre national de primatologie (CNP) par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Rousset diffusaient un communiqué de presse commun intitulé : « Projet controversé d’élevage de primates destinés à l’expérimentation : le CNRS ignore les recommandations du garant du débat public et de son propre comité d’éthique ». Ayant activement participé à cette campagne qui a commencé à l’automne 2025 (voir rubrique https://antidote-europe.eu/action-lobbying/ ainsi que nos articles https://antidote-europe.eu/davantage-de-singes/ et
https://antidote-europe.eu/deja-trop-de-singes/)
Antidote Europe est co-signataire de ce communiqué de presse.
Déjà trop de singes !
Alors que d’autres pays utilisent de moins en moins de singes pour des expériences scientifiques, la France se prépare à en élever davantage. Dans le cadre du « Plan France 2030 », le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) voudrait agrandir son élevage de singes situé à Rousset, près de Marseille, pour en faire le « Centre national de primatologie » (CNP). Dans un article précédent, nous avons rendu compte de notre très active implication dans la campagne d’opposition à ce projet, en collaboration avec plusieurs autres associations, ainsi que de quelques-uns de nos arguments contre l’utilisation de singes pour la recherche biomédicale (https://antidote-europe.eu/davantage-de-singes/).
Voyons ce qu’il s’est passé depuis !
Le 16 décembre 2025, le CNRS publiait le rapport (quelque 150 pages !) du garant de la concertation préalable. Les positions opposées au projet y sont notées mais l’accent est davantage mis sur le débat éthique que suscite l’utilisation de singes pour la recherche fondamentale plutôt que sur les arguments scientifiques qui remettent en question le « modèle animal » ou la futilité de certaines expériences faites sur les singes. La possibilité d’utiliser des méthodes alternatives a été mentionnée. Des problèmes environnementaux que pourrait poser le CNP ont aussi été notés. Bien que le garant demande de « préciser l’option zéro de non-réalisation du projet » (page 4), il était bien peu probable que cette option soit celle retenue par le CNRS. Dans ses recommandations, le garant proposait surtout de continuer à donner des informations au public.
D’autres aussi disent : Non !
Sans attendre la conclusion du CNRS, un avocat lançait la pétition « Halte à l’Expérimentation animale et Gel du Projet du CNRS à Rousset ». En à peine quelques semaines, près de 30.000 signatures étaient déjà recueillies ! Nous vous invitions à la signer et nous réitérons notre invitation. Pour ajouter votre signature et lire le texte entier de la pétition : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/finir-experimentation-animale/273178
Le 20 janvier 2026, neuf eurodéputés exprimaient leur « profonde préoccupation, et par conséquent [leur] opposition au projet ». À l’initiative de Mme Tilly Metz, eurodéputée luxembourgeoise écologiste, les signataires rappellent que « l’UE s’oriente de plus en plus vers des approches innovantes, centrées sur l’humain, et ne recourant pas à l’expérimentation animale. Ces approches fournissent des informations plus pertinentes et plus fiables pour l’humain ». Le projet de CNP va à contre-courant des développements observés, par exemple, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis. La lettre cite un sondage indiquant que 86 % des citoyens français soutiennent une interdiction totale de l’expérimentation animale (https://tillymetz.lu/wp-content/uploads/2026/01/Courrier-eurod%C3%A9put%C3%A9s_Projet-du-Centre-national-de-primatologie-%C3%A0-Rousset.pdf).
Le COMETS s’interroge
Le 27 janvier 2026, le comité d’éthique du CNRS (COMETS) publiait un avis sur l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Le PDG du CNRS a interrogé le COMETS sur cette question en même temps qu’il chargeait la Commission nationale du débat public d’organiser la concertation préalable sur le projet de création du CNP à Rousset.
Le COMETS formule quatre recommandations au sujet de la recherche sur des animaux en général, appelant à mieux justifier chaque projet utilisant des animaux, à mieux rendre compte des résultats -y compris s’ils sont négatifs !-, à développer davantage les méthodes alternatives et à ce qu’il puisse y avoir un débat « sur l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, sur sa légitimité, ses modalités et ses résultats ».
Au-delà de ces recommandations générales, nous nous sommes particulièrement intéressés au commentaire concernant le CNP. Loin d’appuyer sans réserve le projet, le COMETS « s’interroge toutefois sur la pertinence stratégique et économique du projet (…) sur l’utilisation de primates non humains en recherche académique en termes de rapport « avantages pour la société – dommage pour les primates » (…). Il se demande toutefois si et comment ont été prises en compte, dans la conception du projet de CNP, les interrogations de fond qui sont aujourd’hui posées, y compris par des scientifiques ». Nous avons été heureux de lire que des « questions d’acceptabilité des recherches qui utilisent ces animaux » concernent, parmi les premières, « la pertinence du « modèle primate » pour étudier les maladies humaines (prédictivité des résultats, caractère transposable à l’humain) », une pertinence qu’Antidote Europe conteste sans relâche !
L’avis mentionne que « l’une des membres du COMETS (…) a souhaité prendre une position divergente concernant le projet de Centre national de primatologie auquel elle recommande de s’opposer, considérant que la France recourt actuellement de manière excessive aux primates non-humains dans la recherche fondamentale ». L’annexe 2 de l’avis publie cette position divergente donnant de nombreuses informations sur l’utilisation des singes et plusieurs arguments contre cette utilisation (https://comite-ethique.cnrs.fr/wp-content/uploads/2026/02/AVIS-2026-48.pdf).
Plus de singes en France qu’ailleurs
Selon les chiffres du COMETS, il y a eu en France 1.022 utilisations de primates en 2022, contre 239 en Allemagne, 182 aux Pays-Bas et 43 en Espagne. Un même singe pouvant être utilisé plusieurs fois pour différents projets de recherche, le nombre de primates utilisés est inférieur au nombre d’utilisations de primates. En 2022, il y aurait eu 563 primates utilisés en France, contre 144 en Allemagne et 174 au Royaume-Uni. Toutes les statistiques signalent un nombre de singes et d’expériences sur des singes supérieurs en France par rapport aux autres pays européens.
Ainsi encore, la directrice de recherche ayant signé la « position divergente » note que, toujours en 2022, “la France a déclaré à la CITES l’importation de 1 137 macaques destinés à la recherche biomédicale, en provenance de l’île Maurice et du Vietnam, alors que l’Allemagne n’en a importé que 5. Pour autant, cet usage accru ne se traduit ni par un leadership scientifique en neurosciences, ni par une supériorité en matière de production de connaissances biomédicales, comme le montre le nombre de publications et de brevets, inférieur à celui de l’Allemagne”.
La fin appelle la suite
Le 17 février 2026, le CNRS publiait sa décision en réponse à la concertation préalable et à l’avis du COMETS. Force a été de constater que les recommandations et conclusions de ces deux rapports n’ont pas été prises en compte. Les associations qui ont participé à la concertation préalable ne se satisfont pas de la réponse du CNRS et préparent la suite.
Déjà, un communiqué de presse a été diffusé le 23 février 2026 par quatre associations: voir notre rubrique https://antidote-europe.eu/presse/. Antidote Europe était co-signataire.
Le 26 février 2026, une lettre était envoyée au président directeur général du CNRS par quatre associations. Antidote Europe était également co-signataire.
Au moment de mettre à jour cet article, d’autres actions sont en préparation. Revenez bientôt !
Faut-il utiliser des animaux pour enseigner la médecine vétérinaire ?
André Ménache, président d’Antidote Europe et vétérinaire, est bien placé pour répondre – non !- à cette question. C’est ce qu’il a fait lors d’une visioconférence organisée par des étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
Le 10 mars 2026, André Ménache donnait une visioconférence à des étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA) sur les « modèles alternatifs aux animaux dans l’éducation et la recherche ». Alors que nous avions, par le passé, contacté des responsables de cette école pour proposer des conférences et essuyé un refus, c’est finalement la Société francophone d’éthologie vétérinaire junior (SFEV Jr), une association d’étudiants, qui a organisé cette visioconférence et que nous remercions bien vivement pour son invitation.
Après une courte présentation d’Antidote Europe, notre président a mentionné les trois principaux domaines dans lesquels des animaux sont utilisés à des fins scientifiques : l’enseignement, les essais requis par la réglementation et la recherche. Il s’est tout d’abord focalisé sur le premier qui, bien sûr, intéressait plus particulièrement son auditoire.
Objecter, dialoguer, dénoncer
Ayant organisé et réalisé un webinaire au Royaume-Uni un mois plus tôt sur le droit à l’objection de conscience pour les étudiants ne souhaitant pas participer à des travaux pratiques impliquant de la souffrance animale (https://youtu.be/CrYdp-G71wY?si=2jFBxOC088TkDTHD), André Ménache a présenté cette problématique, en français cette fois.
Il a cité des exemples concrets de démarches à opposer à l’inertie institutionnelle. Le premier est tiré de sa propre expérience. Pour un cours de zoologie lors de ses études en Afrique du Sud, il aurait dû collecter une cinquantaine d’insectes d’espèces différentes et les clouer sur des planches… Déjà végétarien et ne se voyant pas tuer des animaux, il a demandé à son professeur s’il pouvait plutôt dessiner les insectes présentés au musée universitaire de zoologie. Feu vert du professeur ! Et belle démonstration que le simple dialogue peut porter ses fruits.
Le deuxième exemple de réussite pour éviter d’utiliser des animaux est tiré d’une action de soutien menée par Antidote Europe à quatorze étudiantes de l’Université de Strasbourg qui refusaient de participer à des travaux pratiques au cours desquels des expériences sur des hamsters étaient prévues. Cette fois, le dialogue avec les professeurs n’a pas été fructueux. Nous avons proposé un accompagnement juridique s’appuyant sur le droit à l’objection de conscience, ou bien, d’alerter les médias. Les étudiantes ont choisi la deuxième option et leur combat a bien été médiatisé avec un résultat dépassant même leur but premier d’éviter de faire ces travaux pratiques puisque l’université a carrément supprimé cet exercice pour la rentrée suivante (https://antidote-europe.eu/victoire-a-strasbourg/).
Ce ne sont pas les méthodes alternatives qui manquent et André Ménache le sait bien puisqu’il est le représentant en France de l’association InterNICHE (https://www.interniche.org), laquelle présente des centaines de méthodes disponibles pour l’enseignement de la biologie, ainsi que de la médecine humaine et vétérinaire. Des informations sont également disponibles sur notre site (https://antidote-europe.eu/methodes-alternatives-recherche-animale/enseignement-biologie-medecine/).
Des actions en cours
André Ménache a mentionné l’utilisation d’animaux pour des essais requis par la réglementation ainsi que pour des productions de routine comme, par exemple, l’utilisation de souris et de lapins pour la production, respectivement, d’anticorps monoclonaux et polyclonaux. Antidote Europe a lancé des actions juridiques à l’encontre du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) qui autorise encore ces procédures alors qu’il existe des méthodes alternatives (https://antidote-europe.eu/action-lobbying/).
Enfin, le problème de la recherche fondamentale ou appliquée a été évoqué : le chercheur peut choisir l’expérimentation animale ou d’autres méthodes. Si son choix se porte sur les animaux, c’est plus par habitude, par commodité, pour publier rapidement un article… et d’autres raisons qui n’ont pas vraiment un caractère de nécessité scientifique !
À bientôt ?
N’ayant pas pu épuiser toutes les questions – d’ailleurs fort pertinentes – posées à la fin de la visioconférence, nous avons transmis quelques liens utiles et avons assuré ces étudiants de notre disponibilité pour répondre à d’autres questions, donner d’autres conférences et, pourquoi pas, organiser un webinaire en français ?
Le 10 mars 2026,
André Ménache présentait une visioconférence à des étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA), à Maisons-Alfort en région parisienne, sur les « modèles alternatifs aux animaux dans l’éducation et le recherche ». Il a abordé le sujet de l’objection de conscience, qu’il avait développé lors d’un webinaire réalisé un mois plus tôt au Royaume-Uni. Il a présenté des exemples d’initiatives prises par des étudiants pour éviter -avec succès !- de participer à des séances de travaux pratiques impliquant de la souffrance pour des animaux. Davantage d’informations dans notre article « Faut-il utiliser des animaux pour enseigner la médecine vétérinaire ? » sur la page de notre campagne Enseigner sans animaux (https://antidote-europe.eu/enseigner-sans-animaux/).Tous nos remerciements à la Société francophone d’éthologie vétérinaire junior (SFEV Jr), organisatrice de cette conférence, pour son invitation.
Voir toutes les conférences d’Antidote Europe depuis sa création :
