Faut-il utiliser des animaux pour enseigner la médecine vétérinaire ?
Faut-il utiliser des animaux pour enseigner la médecine vétérinaire ?
André Ménache, président d’Antidote Europe et vétérinaire, est bien placé pour répondre – non !- à cette question. C’est ce qu’il a fait lors d’une visioconférence organisée par des étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
Le 10 mars 2026, André Ménache donnait une visioconférence à des étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA) sur les « modèles alternatifs aux animaux dans l’éducation et la recherche ». Alors que nous avions, par le passé, contacté des responsables de cette école pour proposer des conférences et essuyé un refus, c’est finalement la Société francophone d’éthologie vétérinaire junior (SFEV Jr), une association d’étudiants, qui a organisé cette visioconférence et que nous remercions bien vivement pour son invitation.
Après une courte présentation d’Antidote Europe, notre président a mentionné les trois principaux domaines dans lesquels des animaux sont utilisés à des fins scientifiques : l’enseignement, les essais requis par la réglementation et la recherche. Il s’est tout d’abord focalisé sur le premier qui, bien sûr, intéressait plus particulièrement son auditoire.
Objecter, dialoguer, dénoncer
Ayant organisé et réalisé un webinaire au Royaume-Uni un mois plus tôt sur le droit à l’objection de conscience pour les étudiants ne souhaitant pas participer à des travaux pratiques impliquant de la souffrance animale (https://youtu.be/CrYdp-G71wY?si=2jFBxOC088TkDTHD), André Ménache a présenté cette problématique, en français cette fois.
Il a cité des exemples concrets de démarches à opposer à l’inertie institutionnelle. Le premier est tiré de sa propre expérience. Pour un cours de zoologie lors de ses études en Afrique du Sud, il aurait dû collecter une cinquantaine d’insectes d’espèces différentes et les clouer sur des planches… Déjà végétarien et ne se voyant pas tuer des animaux, il a demandé à son professeur s’il pouvait plutôt dessiner les insectes présentés au musée universitaire de zoologie. Feu vert du professeur ! Et belle démonstration que le simple dialogue peut porter ses fruits.
Le deuxième exemple de réussite pour éviter d’utiliser des animaux est tiré d’une action de soutien menée par Antidote Europe à quatorze étudiantes de l’Université de Strasbourg qui refusaient de participer à des travaux pratiques au cours desquels des expériences sur des hamsters étaient prévues. Cette fois, le dialogue avec les professeurs n’a pas été fructueux. Nous avons proposé un accompagnement juridique s’appuyant sur le droit à l’objection de conscience, ou bien, d’alerter les médias. Les étudiantes ont choisi la deuxième option et leur combat a bien été médiatisé avec un résultat dépassant même leur but premier d’éviter de faire ces travaux pratiques puisque l’université a carrément supprimé cet exercice pour la rentrée suivante (https://antidote-europe.eu/victoire-a-strasbourg/).
Ce ne sont pas les méthodes alternatives qui manquent et André Ménache le sait bien puisqu’il est le représentant en France de l’association InterNICHE (https://www.interniche.org), laquelle présente des centaines de méthodes disponibles pour l’enseignement de la biologie, ainsi que de la médecine humaine et vétérinaire. Des informations sont également disponibles sur notre site (https://antidote-europe.eu/methodes-alternatives-recherche-animale/enseignement-biologie-medecine/).
Des actions en cours
André Ménache a mentionné l’utilisation d’animaux pour des essais requis par la réglementation ainsi que pour des productions de routine comme, par exemple, l’utilisation de souris et de lapins pour la production, respectivement, d’anticorps monoclonaux et polyclonaux. Antidote Europe a lancé des actions juridiques à l’encontre du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) qui autorise encore ces procédures alors qu’il existe des méthodes alternatives (https://antidote-europe.eu/action-lobbying/).
Enfin, le problème de la recherche fondamentale ou appliquée a été évoqué : le chercheur peut choisir l’expérimentation animale ou d’autres méthodes. Si son choix se porte sur les animaux, c’est plus par habitude, par commodité, pour publier rapidement un article… et d’autres raisons qui n’ont pas vraiment un caractère de nécessité scientifique !
À bientôt ?
N’ayant pas pu épuiser toutes les questions – d’ailleurs fort pertinentes – posées à la fin de la visioconférence, nous avons transmis quelques liens utiles et avons assuré ces étudiants de notre disponibilité pour répondre à d’autres questions, donner d’autres conférences et, pourquoi pas, organiser un webinaire en français ?
